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Le métro, équivalent à la ligne 14 parisienne – c’est-à-dire entièrement automatisée, avec sas de verre devant la voie qui s’ouvrent lorsque le métro est à quai – nous mène indirectement à Little India où nous retrouvons deux couples d’amis : Ingrid et Martin (rencontrés à Darwin), Sandrine et Stéphane (compagnons de route de Bali).
Nous visitons le quartier indien qui nous entoure, et sommes projetés sans préavis de l’Asie à l’Inde. C’est un festival de couleurs, de senteurs épicées qui viennent nous taquiner subtilement les narines.
Le lendemain de notre arrivée, nous nous mettons en quête de l’une des spécialités de ce minuscule état : le matériel hi-tech. Nous choisissons Sim Lim square comme lieu des opérations, avec six étages de magasins achalandés, entre autre, en appareil photos dernier cri. Nous passons plusieurs heures éprouvantes à trouver le petit numérique idéal et d’autres accessoires pour celui de Pascal et discuter les prix. Nous sommes extrêmement mal reçu, les vendeurs plus désagréables les uns que les autres, se moquant vertement de nous. Finalement nous optons pour un service lamentable et des prix imbattables. Le patron nous somme de revenir le lendemain pour passer commande. Ce que nous faisons. Mais cette fois-ci, le patron ne nous adresse pas la parole et un vendeur, qui se prétend au courant de notre cas, nous demande de revenir ce soir vers 21h30 pour chercher le matériel. Nous sentons l’arnaque à plein nez, d’autant plus que le vendeur ne veut pas prendre en note notre commande. Têtu de nature, nous revenons le soir comme convenu : oh! surprise, tous les magasins sont fermés depuis environ une heure. Nous sommes désabusés et lassés, mais nullement étonnés du tour qui nous a été joué. Seules les motivations nous échappent encore…
Après une rapide visite de Singapore by night, et un sympathique dîné dans l’un des fameux hawker (petit stand servant de délicieux plats typiques très abordable) en compagnie d’Ingrid et Martin, nous décidons de quitter Singapour le lendemain. Nous nous délestons non sans peine d’un énorme colis contenant le kite surf, et prenons un bus pour la Malaisie, direction Johor Baruh.
Nous ne nous attardons pas dans cette ville frontière qui ne reflète en rien la Malaisie. Prochaine étape de note parcours : Malacca ou Melaka. Autrefois une petit village de pêcheurs, Melaka a considérablement prospéré jusqu’à devenir le principal port marchand où se rencontraient les négociants des contrées voisines. Il reste de nombreux vestiges d’une époque coloniale Portugaise et Néerlandaise dans la vieille ville, toute vêtue de rouge. Les rickshaws ou cyclo-pousse s’y sont établi et la place carmin est relevée de leurs apparats chamarrés et tapageurs. Nous flânons dans chinatown, quartier toujours pittoresque, et gagnons les ruines de la forteresse d’où la vue est imprenable !
Nous sommes étonnés de constater que la langue Indonésienne et Malaisienne (le bahasa) sont similaires, quelques variantes mises à part. Nous nous faisons aisément comprendre, et même le choix des plats est aisé : mee goreng ou nasi goreng. Nous retrouvons une fois encore l’ambiance musulmane, cette fois-ci à grande échelle.
Nous sommes maintenant à Kuala Lumpur, la capitale familièrement nommée KL, moteur du développement accéléré que connaît actuellement la Malaisie. Chinatown, où se concentrent les hôtels bons marchés de la ville, fourmille et grouille de monde. Nous nous enfonçons impudemment dans les allées extrêmement étroites et denses du « fake market », où l’on trouve toutes les copies de marques américaines populaires. Nous sommes alpagués de tous côtés et l’on s’enivre rapidement de cette ambiance à en perdre la notion du lieu et du temps, marchant sans but, rythmé par la cacophonies environnante. Nous consacrons une autre journée à visiter KL. Nous ne pouvons pas manquer les célèbres tours jumelles Petronas, les plus hautes du monde. Cet édifice phare du centre ultra-moderne de KL est une prouesse architecturale étincelante, inspirée par les cinq piliers de l’Islam. Nous traversons le marché typique de Chow Kit et retroussons nos pantalons dans le marché aux poissons pour éviter les nappes poisseuses. Nous terminons nos pérégrinations à travers Jalan Masjid India, autre rue pittoresque où artistes de rue côtoient marchants ambulants et étals de magasins en tout genre.
Nous estimons avoir suffisamment donné de la ville et nous précipitons vers la jungle : Taman Negara. Nous sommes dans un autre univers. Nous dînons sur un des restaurants flottants de la rivière boueuse, dormons à côté d’une plantation d’arbres à caoutchouc dans un cabanon fait de pandanus tressés, bercés par la lourde pluie tropicale continuelle.
Notre première journée dans la rainforest est épique. Bien que le chemin ne soit pas très ardu, nous manquons de nous perdre à plusieurs reprises lorsque le petit chemin débouche sur un mur de végétation touffue infranchissable. Nous nous sentons piqués fortement et réalisons un peu tard qu’il s’agit d’une espèce minuscule de sangsue qui s’est fourrée sur nos pieds et font une orgie de notre sang. Nous ne croisons pas un humain et le temps nous semble très long. Finalement nous sommes réconfortés lorsque nous apercevons la rivière que l’on traverse à gués, menant au refuge. Nous arrivons juste à temps pour admirer le splendide orage qui illumine la forêt primaire. Nous sommes aux premières loges, à 20 mètres de hauteur, contemplant la pluie et les éclairs par la large fenêtre de notre abri. La nuit n’est pas apaisante car les clameurs des animaux sont amplifiés et Marie sert d’amortissement à un gecko géant maladroit tombé du toit. La deuxième journée est très physique et éprouvante. Nous longeons la large rivière et descendons des ravines profondes pour les remonter ensuite, souvent à l’aide d’une corde et surtout des racines d’arbres. Le chemin est extrêmement boueux et glissant dû aux fortes pluies de la veille. Marie en change la couleur de son pantalon, Pascal achève complètement le sien, le seul qu’il lui restait, qui en ressort tout déchiré! C’est avec ravir qu’après 6 heures de marche, nous apercevons des touristes en tenue encore impeccable : le village est proche. Nous terminons le treck par la canopy walk, succession de passerelles précaires de 200 mètres à 40 mètres au-dessus de la jungle. Quel dommage qu’ils ne vendent pas de bière dans cette région, nous aurions bien épongé notre soif avec une blonde bien fraîche!
Nous nous dirigeons à présent vers Cameron Highlands, région de culture de thé en altitude. En suivant les conseils peu avisés d’un préposé de la station de bus, nous sommes trimballés lentement vers une autre ville pour y découvrir que nous avons raté de beaucoup notre correspondance. Nous sommes donc obligé de repasser par Kuala Lumpur, et arrivons éreinté à Tanah Rata après 12 heures de bus. Que nous regrettons notre propre transport, un van ou une moto aurait été tellement plus efficace! Nous sommes assez surpris de nous retrouver dans une ville relativement grande, avec finalement peu de touristes. Nous partons en excursion pour visiter les immenses plantations de thé du pays ainsi qu’une ferme apicole et un élevage de papillon.
Nous terminons notre visite express de la Malaisie par l’île de Penang au nord ouest de la péninsule. Nous trouvons un hôtel pour locaux dans le Chinatown de la capitale Georgetown. Nous logeons dans la rue Love Lane, au nom pas seulement évocateur: plusieurs prostitués y ont leur quartier, et nous les reverrons à nouveau dans notre pension, dont les patrons semblent gérer leurs activités! Chinatown est un dédale de rues animées, aux façades colorées, interrompues par de splendides petits temples de quartier. Nous faisons encore une fois une orgie de fruits tropicaux exquis et de jus de fruits frais. A notre habitude, nous louons une petite moto pour faire le tour de l’île. Nous visitons Kek Lok Si, le plus grand temple bouddhiste du pays, fastueuse composition à flanc de montagne. Les moines parés d’orange, chantent un air envoûtant dans une atmosphère sombre envahi d’encens et de bougies. Nous contournons l’île par le nord pour atteindre une zone bétonnée d’hôtels-tours soi-disant chics. Un peu plus loin la plage est magnifique et nous déjeunons des fruits de mer pour cinquante centimes, dans un boui-boui face au grand bleu. Dès que l’on quitte le littoral, l’altitude s’élève, et le paysage est envahie par une belle jungle.
C’est ainsi que nous achevons notre séjour en Malaisie. Adieu Malaisie, bonjour Thailande, et merci pour tes sourires !
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