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Auckland paraît sans charme, les ambulances hurlent sans discontinuer et nous ne comprenons strictement rien à ce que nous disent les gens qui parlent pourtant anglais (ou plutôt
néo-zélandais!). Un choc thermique aussi : le climat est très similaire à la France, quel changement par rapport aux températures polynésiennes !
Deuxième choc culturel : non seulement il faut nous adapter à la conduite à gauche, mais il faut s’habituer à changer complètement nos habitudes de vie : les vitesses se passent de la main gauche, les escaliers se montent par la gauche, les boutons de l’ascenseur sont situés du côté gauche, le verrouillage d’une porte se fait de manière inversée, etc. Ca paraît assez anodin à priori, mais cela prend du temps avant de modifier tous ses gestes instinctifs.
Même les courses de nourriture se révèlent un challenge : nous avons passé 2h30 au supermarché pour acheter l'équivalent de 60€. Il existe par exemple, une dizaine de variété de fromage en tranche pour sandwich : goût bacon, oignon, fumé, poivre, ananas, ciboulette, edam et colby, sans oublier la version allégé et celle avec davantage de goût... nous sommes restés aussi un bon quart d'heure à trouver une boîte de thon, entre le thon aux tomates séchées, au citron et poivre, la recette thaï, celui au basilic, il ne reste presque plus de thon sans parfum sophistiqué ! Après 2 semaines de nouilles, de chips et de biscuits en Polynésie (les produits les moins chers !), nous sommes plongés à nouveau dans le monde de la grande consommation. Notre pouvoir d'achat fait un bon inattendu et la tentation de la consommation est immense. Nous dévorons des yeux tous ces produits et Pascal retrouve avec plaisir tous ces aliments américains qui lui manquaient tant (pickels géants, bagels, cream cheese...) D'accord, ce n'est pas de la fine gastronomie française, mais c'est tellement tentant !
Nous récupérons notre camping-car qui sera désormais notre moyen de transport, notre chambre à coucher, notre cuisine, bref, notre chez-nous roulant. La compagnie qui les loue s'adresse à un public jeune et excentrique : les vans servent de toile d'expression à des artistes locaux (pour avoir une idée, www.escaperentals.co.nz). Notre van répond au nom de Tattoo, arbore fièrement un dragon d'un côté et un poisson géant de l'autre, dans des couleurs flashies sur un fond bleu électrique. Inutile de vous dire que nous ne passons pas inaperçu ! L'aménagement intérieur est basique et très bien conçu : il permet de passer d'un salon / cuisine / salle a manger le jour à une chambre avec grand lit double la nuit. Nous disposons d'une glacière, d'une gazinière, d'ustensiles de cuisine et d'un lavabo relié à un bidon de 15 litres d'eau. Tout cela incluant bien sûr des espaces de rangement pour nos volumineux bagages.
A ce sujet, une petite parenthèse. Voyager en camping-car est une première pour tous les 2 et c'est une solution bien pratique et économique qui permet une grande autonomie. Cette façon de voyager bouleverse totalement notre mode de vie parisien: chaque soir, notre mission consiste à trouver l'emplacement idéal pour passer la nuit. Il peut s'agir d'une plage où on pourra s'endormir au son apaisant des vagues qui terminent leur course sur le sable blanc. Parfois ce sera une clairière tranquille au milieu d'une forêt, ou encore en bordure d'un champ de moutons, qui nous réveilleront au petit matin. Mais le summum, l'apogée des emplacements pour notre bien-aimé Tatoo, c'est le sommet d'une montagne, avec vue panoramique sur les splendides paysages néo-zélandais. Cette position stratégique nous permettant de s'adonner aux jeux de sociétés, de dîner ("souper" pour nos amis québécois) aux chandelles devant un couché de soleil, de prendre quelques photos nocturnes du paysage, vêtu de ses habits colorés par la douce luminosité de la pleine lune, et d'être gentiment réveillé et réchauffé par les rayons du soleil, qui prend lentement son envol derrière les collines.
Nos habitudes alimentaires parisiennes aussi sont radicalement transformées : fini les petits-déjeuners à la hâte, les plats surgelés, les dîners dans des restaurants bondés et les sandwichs ingurgités devant l'ordinateur. Nous prenons désormais notre temps, cuisinons au gré de nos envies et prenons un réel plaisir à déguster des petits plats mijotés devant ce décor majestueux. Le matin, le petit-déjeuner est copieux : un bagel grillé aux œufs, fromage, salade, tomate ou au saumon fumé. Le soir, nous faisons l'inventaire des denrées alimentaires restantes pour confectionner un petit festin. Nous nous surprenons même parfois par nos talents culinaires insoupçonnés !
Toutefois, le camping-car n'a pas que des avantages. Il nous isole aussi et ne permet pas de côtoyer et découvrir les néo-zélandais (autrement appelés les kiwis, du nom de cet étrange oiseau gros comme une poule, sans ailes et à poils, emblème du pays). Mais les deux contraintes principales du voyage en camping-car sont l'approvisionnement en eau et l'hygiène. Pour l'eau, les toilettes publiques nous permettent de remplir nos bouteilles vides, et les stations essence disposent de robinets extérieurs pour les usagers. Pour prendre des douches, nous usons d'ingéniosité : nous rentrons dans des auberges de jeunesse et les campings, puis nous faufilons discrètement jusqu'aux douches communes ; lors de nos activités sportives nautiques, nous avons le réconfort d'une bonne douche chaude offerte par l'établissement, et certaines laverie automatiques ont eu l'astucieuse idée de s'équiper de douche à pièce.
Cette parenthèse fermée, revenons à l'itinéraire. Après une bonne nuit de sommeil pour se remettre des premiers émois, nous arrivons plus armés pour aller explorer la grande Auckland puis la partie la plus septentrionale de l'île. Les paysages pour se rendre à la fameuse Bay of Islands sont bucoliques : des collines aux pentes douces et verdoyantes, constellées de moutons, et ponctuées de quelques fermes. On se croirait presque en plein Jura ou dans les Highlands d'Ecosse. A la Bay of Islands, nous faisons la croisière du laitier, tour qu'effectuait autrefois le laitier pour ravitailler les îles peuplées de la Bay. L'eau est verte, les plages sont attrayantes. Après une nuit à lutter conter le froid, nous passons la deuxième nuit dans un backpacker douillé (équivalent d'une auberge de jeunesse, littéralement "hôtel pour les voyageurs à sac à dos", c'est-à-dire les routards) de 2 chambres dans une petite maison surplombant la marina. Nous sommes seuls dans la maison, nous admirons le coucher de soleil, lovés sur notre terrasse. Nous avons l'impression d'être hors d'atteinte et hors du temps.
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