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Nous traversons la frontière du Northern Territory, avec nos deux compagnons de voyage Heiko et Sigrun, le 1er juillet.


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Nous optons pour une croisière à Katherine Gorge, en convoitant la lumière optimale de fin de journée

 

 

Dans Kakadu National Park, rivières et gorges arborent des larges pancartes «Dont risk your life» 

 

Au dessus du vaste et beau bassin émeraude de Maguk, on atteint une gorge étroite et magnifique.

 

Nous jouons les parfaits touristes sur la croisière du «Jumping Crocodile» 

 

De Litchfield, nous retiendrons les termitières magnétiques et Lost City

 

 

 

Pour le moment nous ne sommes pas frappés par la différence avec le Western Australia, si ce n’est une différence de taille pour nous : nous reculons nos montres (virtuellement parlant car nous n’en n’avons pas) d’une heure et demi, et le soleil se couche désormais vers 19h30, au lieu des 18h du W.A. Notre rythme quotidien devient alors beaucoup plus «raisonnable».

C’est sur cette bonne base que nous commençons l’exploration d’une infime partie du territoire rouge, symbolisé par un oiseau survolant un soleil de feu, rouge et or. Nous roulons extrêmement paisiblement vers Katherine. D’autant plus lentement que tous les matins, il faut pousser la voiture pour la faire démarrer… et la prochaine ville où trouver une nouvelle batterie est à 800 km. Marie est ravie de retrouver ses séances de musculation quotidiennes! Tous les soirs, nous plantons notre camp au hasard du bush, partons en exploration pour ramener quelques bûches et allumons le feu. Vient ensuite la séance culinaire sur barbecue improvisé, puis la bière «fraîche» bien méritée. Les discutions deviennent de plus en plus animées à mesure que les étoiles s’illuminent et Pascal annonce le clou de la soirée lorsqu’il aperçoit enfin, comme tous les soir, la constellation de Scorpio, puis les étoiles Alpha et Beta qui le guident enfin vers «Crox», la fameuse croix du sud! Outre sa particularité d’indiquer le sud, «Crox» indique par la même occasion le point vers lequel il faut orienter l’appareil photo pour tenter d’obtenir une image du parcours circulaire des étoiles à celle latitude…

Nous faisons halte dans le Keep River National Park. Nous y découvrons l’art rupestre aborigène, assez contesté par les touristes. En effet, la plupart des «œuvres» sises sur les rochers, d’après une coutume locale, sont repeintes par dessus la précédente, en une sorte de rite d’initiation. Du coup, les peintures apparentes ont une vingtaine ou au mieux une cinquantaine d’années. Certains dessins sont estimés à plusieurs milliers d’années, mais les spécialistes se fient au style des dessins et non à des outils concret de datation.

Nous arrivons enfin à la civilisation à la ville de Katherine. Et quelle civilisation : on y trouve les tomates les moins chères du pays! C’est plutôt une bonne nouvelle car notre budget de backpacker nous contraint de n’opter que pour les produits en promotion. D’ailleurs, après les courses (obligées), nous comparons avec nos amis nos paniers respectifs : nous avons acheté exactement les même produits sans même nous consulter.

Katherine Gorge est à ne surtout pas manquer, d’après la publicité qu’on en fait. Nous nous y rendons donc docilement, mais nous nous y confrontons douloureusement à une horde de bus de touristes. C’est un retour sans préavis aux zones touristiques et fréquentées. Quel choc après la quiétude du Western Australia... Pour visiter les gorges, il faut choisir entre le canoë et la croisière organisée. Pagayer, on a déjà donné. On opte donc pour le bateau, choisissant le départ le plus tardif, en convoitant la lumière optimale de fin de journée pour les photos, et espérant ainsi fuir les tours organisés. Mais rien n’y fait, et nous nous retrouvons les quatre seuls intrus au milieu d’un groupe australien du 4ème age. Le guide nous prévient alors de la marche difficile que nous allons entreprendre pour atteindre la 2ème gorge et le 2ème bateau : 800 mètres, avec même quelques marches à gravir! Libre à nous de décider de ne pas y aller… et ce fut le cas d’une demi douzaine de personnes! Le choc est redoutable. Autres émois de la journée: juste avant la croisière, Heiko casse sa précieuse chaîne dans la rivière (un peu aidé par Marie). C’est ainsi, qu’équipés de nos masques et tubas et bravant le scepticisme de tous, nous nous jetons à l’eau. Pascal fait une pêche miraculeuse et ramène le bijou, ainsi que des élastiques et d’autre ornements féminins. L’occasion est aussi trop bonne pour la laisser passer, et l’opacité de la rivière aidant, il joue au crocodile en attrapant les mollets des japonaises effrayées.

Après Katherine, qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable, nous nous dirigeons vers le très célèbre Kakadu National Park. Ce parc au sud de Darwin, a servit de décor à Crocodile Dundee. Et nous comprenons vite pourquoi. Toutes les rivières, les gorges et autres bassins arborent des larges pancartes «Dont risk your life» et d’après le guide officiel du parc, le seul endroit «sûr» pour se baigner est la piscine municipale de la ville! Il existe en Australie deux types de crocodiles : le Freshy (pour fresh water), de petite taille et qui n’attaque pas l’homme, et le Salty (pour salt water) qui mesure 6-8 mètres et qui se régale de chair humaine. Outre ces dangereuse bestioles, nous côtoyons une autre espèce à notre grand dam : la chauve-souris. Cela nous a valu plusieurs nuits blanches et des résidus odorants sur la tente et nos couvertures. Depuis ce jour, nous sommes devenus maîtres pour détecter les chauves-souris par l’odorat.

Notre Drakkar ronronne maintenant, et cette fois-ci, c’est le Lancruiser de Heiko et Sigrun qui fait des siennes. Trois soirs de suite, la voiture refuse d’avancer et nous sommes obligés de planter la tente sur le bord de la route. Heureusement, ce n’est pas une autoroute mais ce n’est pas non plus le site de camping le plus pittoresque!

Les sites les plus célèbres de Kakadu, tels que Jim Jim Falls, Gunlom ne nous ont pas éblouis. En revanche, nous avons eu un coup de foudre pour une gorge non indiqué dans les guides. Au dessus du vaste et beau bassin émeraude de Maguk, en remontant une haute cascade, on atteint une gorge étroite et magnifique, ponctuée de piscines et de petites cascades. L’endroit est absolument idyllique. Les hommes tentent de figurer dans le Guinness des Records à la section «saut» tandis que les femmes s’offrent un massage bienfaisant sous les chutes d’eau. Nous achevons notre visite de Kakadu par Nourlangie Rock où l’on trouve du très bel art rupestre aborigène qui nous réconcilie avec celui-ci. Le panorama sur le parc est magnifique, et on se sent comme Croc Dundee dans sa cabane au-dessus du vaste bush or et ocre.

Avant d’atteindre Darwin, nous jouons les parfaits touristes en prenant la croisière du «Jumping Crocodile». Le tour consiste à tendre un morceau de viande du bout d’une canne à pêche pour faire sauter les crocodiles de l’Adelaide River. Leur vitesse et la hauteur de leur saut sont impressionnantes.

A Darwin, c’est le triste retour à la réalité et nous commençons par établir un planning en vue de la vente de la voiture. Quelle grosse dose de stress en perspective, mot que nous avions complètement banni de notre vocabulaire. Une fois les affiches distribuées dans les Backpackers et la ville balisée de nos annonces, nous décidons de nous offrir encore du bon temps et d’accompagner nos amis à Litchfield National Park en attendant les premiers appels. Comme nous voulions leur faire la surprise, nous ne les avions pas mis au courant de nos projets et après de tristes adieux, ils se mettent en route pour continuer leur voyage. Nous avions tout prévu, mais il a fallu tout de même cavaler pour les rattraper et les doubler en affichant des messages comiques à travers la vitre.

De Litchfield, nous retiendrons les termitières grises magnétiques et Lost City. Nous entrons en voiture dans un champ de termitières grises de 2 mètres de hauteur, d’une dizaine de centimètres d’épaisseur et dentelées comme les dents de Montmirail. Et tous ces châteaux forts sont orientés vers le sud, pour capter un maximum de lumière solaire et donc de chaleur. Lost City quant à lui, est un paysage très surprenant que nous n’avions jamais vu encore en Australie. On marche à travers des monticules de rochers formant les ruines d’une cité, recouvertes par des lianes, dans un environnement ressemblant à la jungle. On s’attend à tous les détours à tomber sur une horde de petites singes. Des piscines naturelles constituent le reste du parc, bondées comme une piscine publique extérieure pendant les grandes vacances.

C’est l’heure des réels adieux avec nos amis de Nuremberg. Darwin, nous revoilà, et rien ne s’est passé pendant notre absence, nous n’avons pas même reçu un seul appel pour la voiture. Après avoir astiqué Drakar, nous nous installons au backpackers car market. L’ambiance est bonne, mais nous n’aurons que très peu de temps pour le constater. En milieu de journée, un couple de locaux passe à proximité et aperçoit notre voiture. Un tour chez le garagiste et l’affaire est faite, pour une somme très honorable. Nous décourageons certains backpackers qui sont en permanence sur le marché depuis une semaine. C’est le cas d’un couple franco-slovaque Ingrid et Martin, que nous reverrons à Singapour.

Après de longues discussions et maintes réflexions, nous décidons de modifier à nouveau nos simili-plans : nous ne nous rendrons plus à Cairns, où notre budget aurait coulé dans la grande barrière de corail. Le lendemain de la vente de Drakkar, nous avons tout juste le temps de liquider nos provisions, fermer nos comptes en banque et faire quelques autres démarches administratives et nous nous envolons pour Bali, sans laisser le temps de nous émouvoir de quitter ce continent magique.