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Même à l'arrivée à l'aéroport de Faaa, de belles vahinés nous accueillent en nous remettant un collier de fleurs et un guide ventant la beauté des îles.
Mais une fois seul et à Tahiti, la paradis a un goût amer : la coût de la vie est exorbitant, Papeete, la capitale, choque par son manque de charme, ses façades décrépies, son bruit, et le nombre d’obèses aussi important qu’aux Etats-Unis.
En fait, la Polynésie s’apprécie en prenant son temps, et aujourd’hui nous pouvons affirmer que la plus grande beauté de la Polynésie, ce sont ses habitants.
Mais revenons à l’aéroport…
Nous devons être les seuls touristes non attendus par une navette d’un des grands hôtels de Tahiti ! Nous sommes là, penaud avec nos 6 sacs, en attendant patiemment un bus qui ne vient pas, lorsqu’un tahitien baraqué et un peu inquiétant nous aborde en nous posant pleins de questions sur nous, ce que nous faisons là, ce que nous attendons etc. C’est un peu déconcertant toutes ces questions à 6h du matin après une nuit de vol, et lorsqu’il nous propose de nous emmener au Méridien on nous avons réservé 2 nuits (Merci Méridien !), nous acceptons sans trop savoir s’il s’agissait d’une bonne idée. Finalement nous rappelons Etienne deux jours après, et nous voilà chez lui après 4 escales plus ou moins longues chez son fils, son frère de lait, son collègue, un de ses amis. On ne pouvait espérer meilleure immersion dans la culture locale !
Etienne est ultra protecteur et se révèle d’un dévouement extrême. Il nous prête sa voiture pour nos excursions, nous conduit aux bateaux lorsque nous quittons l’île, fait venir sa femme (ou plutôt son ex femme, divorcé 7 ans auparavant, mère de ses 6 enfants et future re-mariée) pour nous préparer notre chambre et nettoyer les lieux. Nous sommes un peu gênée de tout ce remue-ménage mais Etienne se prend d’amitié pour Pascal et ne lui laisse pas une minute de répit. Il lui pose pleins de questions sur ses études afin que son fils cadet suive la même voie, lui parle sans discontinuer des problèmes politiques et des préoccupations des polynésiens.
Décidemment, a chacune de nos escales nous arrivons au cœur de l’actualité politique ! Chacune des personnes rencontrées nous ont parlé vigoureusement de leur opinion que nous résumerons ainsi : La Polynésie, territoire d’Outre-Mer, a été présidé par Gaston Flosse pendant plus de 20 ans. Flosse est un très grand ami de Chirac (a tel point qu’il a nommé son fils Jacques et Chirac en est le parrain) et a toujours bénéficié de relations privilégiées avec le gouvernement français qui le soutien et le protège. Son pouvoir était tellement ancré dans les institutions locales, que sa présidence est devenue progressivement une sorte de monarchie, le palais présidentiel luxueux qu’il a fait construire est devenu son chez lui, et les finances de l’Etat son compte en banque personnel. Flosse s’est enrichi considérablement grâce à des détournements, des magouilles, et, d’après les polynésiens, l’argent envoyé par la France n’a pas servi au peuple mais à son président, et Chirac se serait enrichi par la même occasion. Au dernières élections d’il y a 5 mois, le peuple a sanctionné Flosse et a élu l’indépendantiste Oscar Temaru. Début octobre, bouleversement au parlement : Flosse aurait payé à prix fort des élus adverses pour qu’ils viennent dans son clan. Du coup, la majorité a changé et Flosse se présente comme le nouveau président, étant la tête de liste de la majorité. Le peuple s’est sentit brimé par ce revirement de situation et se prépare à se soulever contre ce gouvernement qu’il n’a pas élu. Les Tahitiens réclament donc une dissolution de l’assemblée et de nouvelles élections.
Assez parlé politique, poursuivons le voyage vers notre nouvelle étape, Bora Bora. Cette île, propice aux lunes de miel, évoque le rêve de dépaysement et de douceur dans les esprits des français. Là bas nous attend l’un des fleuron du groupe Méridien et également l’un des plus beau hôtel de Bora. Ce qui est extrêmement original, c’est que pour rejoindre cet hôtel de luxe, à une heure d’avion de Papeete, nous avons choisi la solution la moins onéreuse, mais forcément, la plus lente et la moins confortable. Le Vaneanu, cargo reliant les îles de l’archipel de la société, devient notre résidence pendant 15h de traversée, et le sol du pont supérieur (juste à côté des toilettes) notre lit, partagé avec une trentaine de polynésiens.
Après ce rude voyage, nous nous laissons gagner par la paresse et jouissons de la beauté du site et de l’infrastructure du Méridien. Au programme de notre semaine, snorkling parmi les tortues et les merveilles sous-marines du lagon, planche à voile, pirogue, vélo, marche, bronzette, coup de soleil pour Pascal, piqûres de moustiques pour Marie. Nous noud fondons avec plaisir parmi les autres touristes venu voir la Polynésie telle qu’on la présente dans les brochures des tour-opérateurs.
Nous quittons tout de même notre motu (île côté lagon le long de la barrière de corail) pour rendre visite au frère de lait d’Etienne, Herald. Nous pensions trouver une personne un peu comme Etienne, et nous nous retrouvons face a l’une des figures les plus emblématiques de l’île, un rasta d’une quarantaine d’année ayant introduit le Kite surf à Bora (le kite surf est du surf avec une planche proche de celle du snow board, tirée par un cerf-volant de traction, qui permet de faire des sauts acrobatiques de plusieurs mètres). Herald est le distributeur officiel de plusieurs marques pour la Polynésie, tient une école de Kite à Bora, et son fils vient de remporter à 17 ans, la prestigieuse compétition Red Bull à Hawaï. Il est sponsorisé par les plus grandes marques telles que Oakley et va bientôt avoir une série de planche à son nom. La gloire !
La trêve touche à sa fin, et nous repartons lentement, de la même manière vers Papeete, cette fois ci de jour et avec une meilleure place sur le pont. Nous espérions terminer la nuit sur le bateau, mais l’équipage nous invite vivement à quitter bord. Le bitume des docks nous accueille pour passer les 5 heures qui nous séparent du lever de soleil, nuit ponctuée par les camions et les cafards, sous les lampadaires et accompagné de l’odeur aigre du coprah. Un autre cargo, plus petit, part dans l’après-midi pour les Tuamotu, l’archipel lagon où sont exploitées les fermes perlières. Malheureusement notre budget ne nous permet pas de revenir en avion et le parcours du cargo n’est pas adapté à des haltes touristiques. Nous décidons de passer quelques jours de plus à Tahiti avec Etienne et sa famille, de faire quelques visites supplémentaires de l’île et d’arriver plus tôt que prévu en Nouvelle-Zélande.
Nous quittons donc la Polynésie en faisant la promesse de revenir voir Etienne et de visiter les Tuamotu. Fini les lagons aux eaux transparentes, les tortues et les montagnes luxuriantes, place aux verts pâturages, aux moutons et aux volcans. |

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