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Aussitôt arrivés, Tempe, la petite
sœur américaine de Marie, nous prend en main totalement. Plus
qu’une sœur, Tempe s’est révélée
une mère pour nous !
Pendant une
semaine, nous avons été cocooné dans un univers
très particulier aux accents lesbo, hippie-surfeur, organico-low-fat
végétaliens et totally disjoncted. Bref, une ambiance complètement
à part du reste des Etats-Unis. Et la préoccupation
principale de cette communauté pendant notre séjour
était bien entendu l’élection de la présidence
des Etats-Unis. Plus le 2 novembre se fait proche, plus
l’inquiétude monte car Bush apparaît plus
charismatique, moins intellectuel que son rival democrate,
et donc plus proche de la grand majorité de la population
américaine. La ville et les voitures sont décorées
de stickers à l’effigie de Kerry le sauveur, à
côté d’autres prônant la nourriture sans OGM (organic).
Santa Cruz devient notre camp de base
à partir duquel nous allons visiter San Francisco. C’est une
ville très agréable qui se visite facilement à pied
et possède un réseau de transport en commun fiable et
optimal. Nous trouvons vite nos marques et sillonnons la ville et ses
attraits touristiques : Fisherman’s Wharf, Alcatraz, Chinatown, Twin Peaks, les maisons
victoriennes, Castro etc. L’acclimatation américaine est
douce. Pascal retrouve avec plaisir ses conséquents
petits-déjeuners américains et Marie l’ambiance
californienne d’il y a 10 ans lorsqu’elle y est allée
la première fois.
A la fin de
la semaine nous partons tous les 3 pour Los
Angeles avec la petite Golf de Tempe. La meilleure amie de Tempe, Annabel, a eue ses photos publiées dans une
livre en l’honneur de sa mère, actrice célèbre
anglaise, qui a lutté victorieusement contre un cancer du sein.
Elle arrive tout droit de NY pour passer quelques jours à LA afin
de faire la promotion de la sortie de son livre : réception,
séance de poses photo pour People magazine, session de
dédicaces. Et voilà comment, gentiment invités par Annabel, nous avons atterri gracieusement dans
l’une des plus belles et des plus grandes suites du W Hotel de Los Angeles (W
pour Wonderland), hôtel chic et design
fréquenté par les beautiful
people des environs. On vous l’accorde, nous sommes des routards de
luxe !
Pour Tempe
et Annabel, c’était aussi un
retour dans leur ville d’origine. Nous les avons suivi pendant 2
jours chez toutes leur amies de Topanga, petite
ville hippie entre Santa Monica
et Malibu, dans les canyons. On a l’impression d’être
dans une petite bulle confortable hors du temps.
Mais le
temps est venu de laisser nos amies et cette trêve de bohème
pour continuer la route. Nous prenons un bus de nuit pour Las Vegas,
« The Sin City », ville
pécheresse ou ville du péché, cela dépend si
l’on blâme la ville ou ses visiteurs pour les excès
qui y sont commis. Vegas est une ville à visiter la nuit. On y
croise tout type de personne, des mamies en tenue de gala à la
permanente impeccable, des joueurs convulsifs qui jettent sur le tapis
des jetons de 100$ et ne frémissent pas lorsque l’on lui les
prend, des touristes en sandales admirant les spectacles gratuits aussi
grandioses que les palaces devant lesquels ils ont lieu. Nous pourrions
passer des heures à regarder ces milliers de papillons
évoluer sous les lumières multicolores et attrayantes de la
ville.
Nous
sélectionnons une auberge de jeunesse pour passer 2 nuits.
C’est vraiment le mieux pour rencontrer des personnes qui partagent
la même passion du voyage que nous et le même état
d’esprit. Certains nous surprennent par leur motivation : une jeune
française et un norvégien qui traversent chacun de leur
côté les USA pendant 3 mois, deux autres qui sillonnent une
partie de l’Amérique du nord en vélo, un couple
d’anglais qui rentre au pays après un an de
pérégrination à travers l’Asie et
l’Océanie (voir leur site web :
http://philcatworldtrip.tripod.com). C’est avec eux, Phil, Cat et Haakon que nous avons loué un 4x4 pour
passer une journée en Arizona, au Grand Canyon. Le paysage est
aussi impressionnant et féerique que nos images de
référence des films, tels Thelma
et Louise. Autour de cela rien, un paysage dévasté et
triste ponctué de quelques baraques insalubres dans la
réserve indienne. A chacun de nos arrêts, nous soulevons la
curiosité de la population locale : mais que venons nous faire
dans ce trou paumé tandis que nous habitions à Paris, la
ville lumière ?! Tous rêvent de voir la tour Eiffel,
ailleurs qu’au casino « Paris » de Las Vegas. Ces
personnes rencontrées sont touchantes et attachantes.
C’est sous la pluie que
s’achève notre séjour américain. Nous
repartons dans une heure par le Greyhound pour
LA où nous prendrons notre avion à destination des plages
ensoleillées de Polynésie. Cette première escale est
un excellent augure pour le reste de notre voyage, tout s’est harmonieusement enchaîné ici.
Souhaitons qu’il en soit de même pour la Polynésie !
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